À retenir
- Madère fixe des règles sur la distance à laquelle un bateau peut s'approcher des cétacés, le nombre de bateaux pouvant être présents et la durée de leur présence.
- Un client a noté qu'on lui avait imposé une limite de dix minutes avec un groupe de dauphins. Cette limite est le système qui fonctionne, et non une visite écourtée.
- Un bateau reste en position et laisse un groupe de dauphins s'approcher s'il le souhaite. Les dauphins qui nagent à l'étrave ont choisi d'être là.
- Cet opérateur déclare s'engager à ramasser les déchets trouvés en mer et à réduire l'utilisation de plastique à usage unique à bord.
Pourquoi la réglementation existe ici
L'observation des baleines semble inoffensive, mais elle ne l'est pas automatiquement. Un bateau qui poursuit un groupe de dauphins les force à dépenser de l'énergie pour fuir, interrompt leur alimentation et leur repos, et peut séparer les mères de leurs petits. Répétez cela à la même population résidente plusieurs fois par jour, tous les jours, pendant des années, et vous obtenez un véritable problème de conservation déguisé en activité de vacances écologique.
Les animaux de Madère sont particulièrement exposés car beaucoup d'entre eux sont résidents. Une baleine migratrice harcelée s'en va. Un grand dauphin qui vit au large de Funchal rencontrera la même flotte demain. C'est la raison pour laquelle les règles régionales existent et pourquoi elles sont plus strictes que ce qu'un visiteur pourrait attendre.
Ce que les règles couvrent réellement
Quatre choses, globalement. La distance à laquelle un navire peut s'approcher d'un groupe. Le nombre de navires pouvant se trouver près d'un même groupe. La durée de présence de chaque navire. Et le comportement que le bateau doit adopter sur place : ne pas traverser la trajectoire des animaux, ne pas séparer les individus du groupe, ne pas changer soudainement de vitesse ou de direction.
L'approche elle-même est également réglementée. Un bateau doit s'approcher lentement et en biais plutôt que de face, maintenir une route parallèle et laisser les animaux décider. S'ils viennent vers le bateau, comme le font souvent les grands dauphins, cela est tout à fait acceptable. Ce qui ne l'est pas, c'est que le bateau aille vers eux.
Les dix minutes, et pourquoi cela semble injuste
Un client a écrit qu'il n'avait eu droit qu'à dix minutes aux côtés d'un groupe de dauphins, et a réfléchi que trois heures de navigation pour dix minutes d'observation n'étaient pas beaucoup. C'est un sentiment tout à fait compréhensible sur le moment, et cela vaut la peine d'être expliqué plutôt que rejeté.
Cette limite existe précisément pour qu'un groupe populaire ne soit pas accompagné toute la journée. Si six bateaux passent chacun dix minutes puis partent, les animaux ont une heure de compagnie. Si chacun reste une heure, ils ont un escorte permanente. La règle répartit l'accès entre la flotte et maintient la pression totale sur un groupe à un niveau bas, ce qui est la seule version de cette activité qui fonctionne à long terme.
Le catamaran qui reste en position pendant que les dauphins passent à ses côtés
À quoi ressemble une observation bien menée
Plus lentement que vous ne pourriez vous y attendre, et c'est le but. Le bateau s'approche à vitesse réduite, se place sur le côté du groupe plutôt que devant lui, puis cesse en grande partie d'agir. Moteurs au ralenti ou éteints, pas de manœuvres, pas de repositionnement à chaque fois que quelqu'un veut une meilleure photo.
Ensuite, vous attendez, et souvent les animaux s'approchent d'eux-mêmes. C'est la différence entre observer et poursuivre, et c'est pourquoi un équipage qui semble ne rien faire fait généralement bien son travail. Un bateau qui se repositionne constamment pour offrir une vue à tout le monde est un bateau qui harcèle un groupe en votre nom.
L'engagement de cet opérateur
Au-delà du minimum légal, l'opérateur déclare s'engager pour une observation responsable des dauphins et des baleines et pour transmettre ces connaissances aux clients, ce qui transforme une règle en explication. Il déclare également deux engagements environnementaux concrets : ramasser tous les déchets trouvés en mer pendant les sorties et réduire autant que possible l'utilisation de plastique à usage unique à bord.
Aucun de ces engagements n'est spectaculaire, mais les deux sont précieux. Le plastique dans l'océan est une menace directe pour les animaux que les gens viennent voir, en particulier les tortues, et un bateau qui ramasse ce qu'il croise au fil d'une saison en élimine une quantité significative. C'est aussi un signal raisonnable de la façon dont le reste de l'opération est géré.
Comment être un bon passager
Principalement en faisant preuve de patience. La chose la plus utile qu'un passager puisse faire est de ne pas pressionner l'équipage pour qu'il s'approche plus près, reste plus longtemps ou aille plus vite. Les équipages ressentent cette pression et les bons y résistent, mais un bateau plein de personnes qui en demandent plus rend la bonne décision plus difficile.
Réduire le bruit aide, en particulier les cris soudains lorsque les animaux surgissent à proximité. Ne rien jeter par-dessus bord est une évidence, mais il est utile de le rappeler. Et si le bateau quitte un site d'observation plus tôt que vous ne le souhaitiez, comprendre pourquoi transforme une petite déception en une anecdote à raconter ensuite.
Est-ce que les observer leur nuit quand même
C'est une question légitime et la réponse honnête est que cela dépend entièrement de la façon dont c'est fait. Une observation bien réglementée, avec une distance maintenue et un temps limité, semble avoir des effets modestes sur les animaux habitués aux bateaux. Une observation non réglementée modifie de manière démontrable le comportement, interrompt l'alimentation et déplace les animaux de leur habitat préféré.
Il y a aussi un argument de l'autre côté qui mérite d'être mentionné. Un dauphin vivant qui génère des revenus touristiques année après année vaut plus pour une économie locale que presque toute autre utilisation du même animal, et le soutien que cela crée pour sa protection est réel. Observer de manière responsable n'est pas neutre ; bien fait, c'est en partie pourquoi ces populations sont valorisées du tout.
